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LUCKY BOY

En bon Geek qui se respecte, je suis fan de Comics et de super héros. Mais pas n’importe lesquels. Si j’apprécie que Marvel et DC aient une telle notoriété aujourd’hui, mon style de comics est plutôt classé dans les Indies où on retrouve bon nombre d’auteurs jouant avec le code des super héros pour proposer des personnages immoraux. Mark Millar en tête, mais aussi Garth Ennis avec l’excellent The Boys. Récemment, c’est la série Bad Ass et le personnage de Dead End qui m’ont inspiré. Je vous recommande vivement ce comics français en 4 tomes de Herik Hannas et Bruno Bassadi. A noter aussi que le méchant Xavier, bien que fortement inspiré des X-Men, est pour moi à rapprocher des personnages du roman de Dan Simmons : Carrion Comfort ( l’échiquier du mal en français ).

Ceci n’est pas une lecture pour tous les âges 😉

synopsis : un super chanceux va botter le cul d’une bande de mutants dégénérés dont le chef est un pervers mentaliste.

Ext Jour. Entrée d’autoroute.

LUCKY BOY est devant une entrée d’autoroute, un sac à dos à ses pieds et une cigarette éteinte à la bouche.

  • LUCKY BOY OFF : Les super héros ça vous dit quelque chose ?

LUCKY BOY allume sa cigarette.

  • LUCKY BOY OFF : Un truc pour écrire des bd pour les gosses. Des histoires pour que les hommes rêvent de vies moins chiantes.

LUCKY BOY tend son bras pour faire du stop.

  • LUCKY BOY OFF : Et bien j’en suis un.

Une voiture s’arrête avec 4 jolies jeunes filles plantureuses et courtement vêtues.

  • FILLE PASSAGERE : Vous allez ou ?
  • LUCKY BOY : N’importe, loin d’ici, où vous m’emmenez.
  • FILLE PASSAGERE : Ce sera peut être un peu serré, mais je suis sur que le trajet sera confortable.

Les deux filles à l’arrière lui adressent un grand sourire. LUCKY BOY monte et la voiture part.

TITRE : LUCKY BOY

  • LUCKY BOY OFF : Mon pouvoir ? La chance est avec moi. Toujours.

Ext Jour. Bord de plage paradisiaque

Lunettes de soleil, cigare, cocktail avec petit parasol en papier, maillot short, les pieds dans une eau claire transparente sur une plage de sable blanc, LUCKY BOY sourit en regardant l’horizon. Les 4 beautés sont en mode top less bronzing sur transat.

Un serveur en smoking arrive à ses côtés avec un plateau d’argent portant des tickets de jeux d’argent, une pièce de 1 euro et des olives avec un cure dent planté.

LUCKY BOY pose son verre prend la pièce et gratte les tickets qui sont tous gagnants. LUCKY BOY prend un cure dent sur le plateau avec une olive au bout qu’il place entre ses dents.

  • LUCKY BOY : Merci Alfred.
  • LUCKY BOY OFF : En vrai il ne s’appelle pas Alfred. Et je ne m’appelle pas Bruce Wayne. Mais on s’en fout.

Un avion futuriste se pose sur la mer. Son souffle éclabousse les 4 jeunes filles mais pas LUCKY BOY. Une jolie blonde, PSYCHO GIRL, coupe au carré en tenue lycra moulante intégrale genre super héros et un mec très barraqué cheveux courts également en costume lycra moulant, le MOLOSSE, se placent dans l’encadrement de la porte ouverte de l’avion.

  • LUCKY BOY : Hey beauté. Je peux t’aider ?

LUCKY BOY affiche un grand sourire. PSYCHO GIRL le regarde, impassible. LUCKY BOY enlève le cure dent de sa bouche et gobe l’olive. Elle passe de travers. Il tousse, s’étouffe et tombe à genoux en crachant tout ce qu’il peut de plus en plus rouge. Il la fixe.

  • LUCKY BOY OFF : Mon pouvoir …  elle l’a annihilé.

PSYCHO GIRL regarde LE MOLOSSE.

  • PSYCHO GIRL : Va l’aider. Je crois qu’il a compris.

LE MOLOSSE s’approche de LUCKY BOY, le redresse et lui met un gros coup de poing dans le ventre. Tellement fort qu’il en crache l’olive, voit flou et perd connaissance. LE MOLOSSE le met sur son épaule et le ramène dans l’avion. Ils décollent.

INT JOUR. Dans l’avion

LUCKY BOY se réveille dans l’avion. LE MOLOSSE est aux manettes. PSYCHO GIRL se montre devant lui et lui tend un costume en lycra.

  • PSYCHO GIRL : Enfiles ça.
  • LUCKY BOY : Tu es sérieuse ?

LUCKY BOY prend la tenue et l’enfile. Il s’observe et apprécie le côté moulant du lycra.

  • LUCKY BOY OFF : Pas si mal.
  • PSYCHO GIRL : Tiens.

PSYCHO GIRL lui tend un sac parachute.

  • LUCKY BOY : Heu…

La porte derrière lui s’ouvre. PSYCHO GIRL le pousse avec le parachute.

EXT JOUR. Chute de l’avion / Manoir de la ligue

  • LUCKY BOY : Aaaaaaahhhhhh

Dans sa chute, LUCKY BOY enfile le parachute et tire sur une molette, le parachute s’ouvre. A ce moment là, il se fait doubler par PSYCHO GIRL dans les bras du MOLOSSE en chute libre. PSYCHO GIRL et LE MOLOSSE ouvrent leurs parachutes et ils se posent tous les 3 au sol pas loin d’un manoir. Ils enlèvent leurs parachutes rapidement et avancent vers le manoir.

  • LUCKY BOY : Hey ? On est où là ? Qu’est ce qui se passe ?
  • PSYCHO GIRL : T’occupes.
  • LUCKY BOY : Mais … waow c’est quoi ça ?
  • PSYCHO GIRL : Ça ? C’est la ligue de la justice.

Face à eux, un homme hirsute, LA BETE, avec des griffes qui lui sortent des mains, il bave et est prêt à bondir. LA BETE est tenue en laisse par un chauve sur un fauteuil roulant, XAVIER. A ses côtés un homme de glace, LA GLACE, et un homme en flamme qui lévite, LA FLAMME.

TITRE : La Ligue de la Justice

  • PSYCHO GIRL : Une bande de branleurs dégénérés et on est là pour les éliminer.

Ils entendent une voix qui semble venir de nulle part.

  • XAVIER OFF : Sacha !

LUCKY BOY se tourne vers PSYCHO GIRL.

  • LUCKY BOY : Sacha ?

PSYCHO GIRL / SACHA sourit.

  • LUCKY BOY : Tu t’appelles Sacha ?
  • XAVIER OFF : Petite pute.
  • LUCKY BOY : Waow …  What ? Mais c’est quoi cette voix ?
  • PSYCHO GIRL : C’est Xavier. L’handicapé qui dirige la troupe de dégénérés.

PSYCHO GIRL avance vers la ligue de la justice.

  • PSYCHO GIRL : Xavier, Je suis venu te détruire.
  • XAVIER : Ah ah ah ah et comment comptes tu t’y prendre ? Vous n’êtes pas à la hauteur.
  • PSYCHO GIRL : J’ai amené une arme secrète.
  • XAVIER : Lui ?
  • PSYCHO GIRL : Lui.

LUCKY BOY montre LE MOLOSSE du doigt.

  • LUCKY BOY : Lui ?
  • PSYCHO GIRL : Non. Toi.
  • LUCKY BOY : arf.

XAVIER détache la laisse de LA BETE.

  • XAVIER : Occupez vous d’eux. Je m’occupe de Sacha.

LA BETE et LE MOLOSSE courent l’un vers l’autre et se percutent de plein fouet dans un bond, poings en avant. La FLAMME et LA GLACE filent vers LUCKY BOY. LA FLAMME en lévitant les bras croisés, LA GLACE en mode surfer, glissant sur une traînée de glace. LUCKY BOY part en courant dans la direction opposée et pénètre dans les bois. LA FLAMME est derrière lui et embrase les bois. LUCKY BOY court comme un dératé et finit par arriver au bord d’une falaise au dessus d’un lac. Les flammes derrière lui se répandent et se rapprochent. LUCKY BOY saute et tombe dans le lac. Il remonte à la surface et voit s’approcher de lui LA GLACE gelant la surface du lac. LUCKY BOY plonge et se retrouve prisonnier sous la glace. Tout le lac est gelé.

LA BETE et LE MOLOSSE se déchirent devant le manoir. Ils sont en sang, griffés dans tous les sens. PSYCHO GIRL avance vers XAVIER d’un pas décidé. Arrivée aux pieds des marches XAVIER lui adresse un grand sourire.

  • PSYCHO GIRL : Tu vas payer Xavier.
  • XAVIER : Ah ah tu es vraiment insolente.

PSYCHO GIRL monte les marches et arrive juste devant lui.

  • XAVIER OFF : A genoux.

PSYCHO GIRL se fige et son visage se tord de douleur. Elle porte ses mains à ses tempes.

  • XAVIER OFF : A genoux.

PSYCHO GIRL tombe à genoux et se tient la tête entre les mains. XAVIER se penche vers elle et fait mine de la sentir.

  • XAVIER : Hum cette odeur me rappelle notre nuit. Tu t’en souviens ?

PSYCHO GIRL le regarde les larmes aux yeux, l’air dégoûtée.

  • XAVIER : Oh tu n’en gardes pas un bon souvenir ? Pourtant j’étais le premier. Et pour moi c’était très bon. Te faire faire tous ces trucs et sentir ton esprit impuissant. Tiens, ça me donne envie de recommencer.

XAVIER déboutonne son pantalon et ouvre sa braguette.

  • XAVIER : Tu n’espères quand même pas être devenue assez puissante pour me résister ?

XAVIER pose sa main sur la tête de PSYCHO GIRL et commence à l’attirer vers son entre jambes. Une énorme explosion retentit au loin derrière la forêt. LA BETE tourne la tête vers l’explosion. LE MOLOSSE en profite pour l’assommer d’un énorme crochet. LA BETE tombe au sol KO.

  • LUCKY BOY : Aaaaaaahhhhhh

LE MOLOSSE tend les bras et rattrape LUCKY BOY.

  • LUCKY BOY : Merci
  • XAVIER : Mais que ?
  • LUCKY BOY : Une bulle de méthane emprisonnée sous le lac. Ca n’a pas plu à pyroboy et mister freeze.

LUCKY BOY se frotte les bras pour enlever la poussière et avance vers XAVIER. Pendant ce temps, LE MOLOSSE finit LA BETE en lui brisant la nuque. PSYCHO GIRL se relève et regarde XAVIER de haut.

  • PSYCHO GIRL : Oh, ton pouvoir semble affaibli. Tu ferais une méningite ? C’est pas de chance…
  • XAVIER : Mais ?

PSYCHO GIRL lui envoie une droite.

EXT JOUR. Plage paradisiaque

LUCKY BOY est les pieds dans l’eau, lunettes de soleil, maillot short, un cocktail à la main, grand sourire et cigare à la bouche. Derrière lui les 4 jeunes filles et PSYCHO GIRL sont en mode top less bronzing sur transat. LE MOLOSSE en maillot de bain fait un gros château de sable. Un serveur en smoking à côté de LUCKY BOY tient un plateau avec cocktail, olives, jeux à gratter.

  • LUCKY BOY OFF : Je vous l’avais dit, la chance est toujours avec moi. Même si parfois ça ne saute pas aux yeux.

Face à LUCKY BOY, sur l’eau, l’avion est posé.

  • LUCKY BOY OFF : Maintenant en plus, j’ai un avion futuriste.

Premier Vampire

Début novembre, c’est parfait pour poster un texte un peu sombre non ? Une histoire de vampire par exemple. Ce texte est un élément de Background pour un personnage imaginé pour une série de comics. La même série que pour les cavaliers de l’apocalypse.

C’est l’histoire d’un jeune homme de 14 ans qui vivait seul avec sa mère dans une grotte.
Elle avait préféré s’éloigner de sa tribu pour le mettre au monde.
Elle avait préféré aussi ne jamais les rejoindre.
Au début, c’est elle qui subvenait à leurs besoins et, avec le temps, c’est lui qui prit le relais. Il était doué à la chasse.
Un jour, près d’un lac, il vit une jeune fille en train de nager. Il l’aima instantanément. Elle le vit, lui sourit et il s’approcha d’elle. Elle ne le repoussa pas, au contraire, elle lui montra comment faire l’amour. Ce fut probablement le meilleur moment de sa vie.
Mais celui-ci fut de courte durée. Alors qu’il savourait encore cet état de bien-être, il vit les autres mâles s’approcher d’eux souriant. Plus ils se rapprochaient plus il eut l’impression d’être enfermé dans un piège. Elle dormait prés de lui. Il la réveilla mais elle ne partageait pas sa peur. Au contraire, elle fit des signes aux autres mâles. Il prit peur et partit l’abandonnant.
Il rentra sans sa grotte et se réfugia dans les bras de sa mère qui l’apaisa. Mais ce calme fut de courte durée.
Ils l’avaient suivi et entrèrent dans la grotte, plusieurs mâles. Le plus âgé projeta le jeune homme à terre d’un revers de la main.
Il s’assit sur lui et lui tint les cheveux, bloqué, pendant que les autres, les jeunes, perdaient leurs virginités les uns après les autres sur sa mère.
Quand ils eurent fini, le vieux s’approcha de la mère et lui brisa la nuque d’un coup de talon derrière la tête.
Ils le tabassèrent au sol puis partirent et le laissèrent pleurer le cadavre de sa mère.
il erra pendant des jours et des nuits autour du campement de la fille. les jeunes lui lançaient des pierres et elle, elle aimait se faire prendre aux yeux de tous.
Une nuit, il vit un troupeau de bisons. Éloigné du troupeau, un vieux bison semblait au ralenti. Il meuglait de temps en temps de façon lancinante et plaintive. Le jeune homme se dit qu’il devait être blessé et qu’il valait mieux l’achever. Il s’approcha de lui discrètement. Le sang coulait légèrement du dos au flanc du bison.Il but quelques gorgées de sang au contact de la bête. Se redressant, il repéra l’auteur de la blessure du bison : une chauve souris était plantée entre les deux omoplates de la bête et se nourrissait.
Le bison tomba sur ses pâtes. La chauve souris se décrocha et reprit son vol. Il la regarda tournoyer et disparaître dans le noir.
C’est à ce moment qu’il la senti se fixer entre ses omoplates. Il n’eut même pas le réflexe de se débattre et tomba à genou puis face contre terre.
Je n’ai pas vraiment mal mais je ne peux plus bouger. Il fait un peu froid.
Il se réveille de jour, affamé. Sa vue est trouble et rouge. Il a des mirages, tout est flou, le soleil est insupportable. Pourtant il ne pleure pas. Ses yeux sont secs. Il s’abrite a l’ombre, cherchant l’obscurité pour attendre la nuit.
La nuit finit par arriver et la faim est encore plus grande. Il sait ou se nourrir, et il en lèche ses canines d’avance. Au campement, le feu est allumé mais tout le monde dort. La sentinelle est assoupie. Elle dort près du vieil homme.
Il le tue en lui brisant la nuque, d’une main, sans aucun effort. Il ne se connaissait pas une telle force mais il apprend à la connaître. Il se place sur elle et lui contraint la bouche fermée de sa main. elle se réveille, gémit, se débat et pleure. Il est bien trop fort pour elle, pour eux tous d’ailleurs. Il pose ses lèvres sur sa nuque et l’embrasse. Elle ne le lâche pas des yeux et semble se calmer un peu. Il plante ses dents dans sa nuque et la boit intensément. Elle se débat un peu mais pas longtemps.
Elle est froide, vide et ne fait plus aucun bruit. Il se relève, son menton et son torse couverts de sang. Il sourit et les contemple endormis. Il se met à rire.
Ils se réveillent tous et le fixent. La pluie se met à tomber. Il disparaît entre deux éclairs.

Ma tablette sur les genoux, je suis en train de taper ces quelques souvenirs sur un blog d’adolescent en prétendant que je suis passionné d’écriture. Tous ça dans la cabine d’un camion de transport bloqué dans un bouchon d’autoroute. Il pleut. J’ai faim. Le chauffeur est bientôt mort.

C’est fou le nombre d’humains que l’on peut hypnotiser, voir galvaniser avec quelques mots bien trouvés. Vive internet, c’est probablement la plus belle invention humaine. Certains critiques me prennent pour un prodige des romans du genre. Je ne fais que raconter ma vie. Et c’est finalement la meilleure couverture pour moi.

Bon je tape les remerciements et je me casse. Marre de l’autoroute, la ville est pas loin. A pied j’y serai avant le lever du soleil.

Vous êtes de plus en plus nombreux à me lire tous les jours. Ça fait vraiment plaisir. N’oubliez pas, si vous avez aimé le tome 1 des aventures vampiriques d’un jeune adolescent à travers les âges, un kickstarter est ouvert pour financer le tournage d’un épisode pilote pour une adaptation TV.

De la lampe

Pierre c’est mon deuxième prénom. En fait, c’est celui que voulait me donner ma mère mais par amour et confiance en mon père, elle l’a laissé choisir entre les deux prénoms pour lesquels ils hésitaient … du coup, je m’appelle exactement comme mon arrière grand-père Antoine Pierre Seilles.
Mais cette anecdote n’a aucun rapport avec l’histoire qui va suivre. En fait, je vous raconte ça juste parce que dans une série de scénarios de courts métrages que j’ai écrit, j’ai décidé d’appeler le personnage principal Pierre.
Pierre, c’est un peu l’éternel amoureux timide et naïf qui loose à chaque fois. Personnage récurent donc qui va accumuler les échecs.

De La Lampe est l’un de ces scénarios. L’un des échecs de Pierre. J’aime bien le côté fantastique de ce scénario. Mais son principal défaut, c’est son titre qui dévoile trop de l’histoire. Vu que c’est pensé pour un court métrage, je pense que la solution serait de ne pas afficher le titre avant le générique de fin…

Plan séquence
Dans une caisse en bois, on suit l’arrivée de la lampe jusqu’à ce qu’elle soit posée sur l’étagère dans la brocante.

Int Jour Dans une brocante
PIERRE attrape la lampe sur l’étagère et la frotte pour enlever la poussière. JENNY en tenue décontractée arabisante, vêtements larges, sarouel, piercing aux oreilles et babouches s’approche de lui. Il ne la voit pas venir.
Jenny : bonjour, que puis-je faire pour vous ?
Pierre : Heu rien. Je ne fais que regarder. En fait, cette lampe me plaît bien. Elle est à combien ?
Jenny : Elle n’est pas à vendre.
Pierre : Dommage. Elle aurait été parfaite…
Jenny : Prenez-la. Elle est à vous.
Pierre : Vous êtes sérieuse ?
Jenny : Bien sur. Prenez-la, elle est à vous.
Pierre : Merci.
PIERRE passe devant le vendeur absorbé par ses comptes et sort du magasin.
Jenny : Au revoir.
Pierre : Au revoir.

Int Jour Dans un tram
Assis, PIERRE regarde la lampe de prés et la frotte. JENNY passe à côté de lui, cette fois habillée en petit tailleur à la mode et portant de nombreux sacs de magasins de fringues.
Jenny : excusez moi.
Elle s’assoie sur la place en face de lui. Bouche bée, PIERRE ne la lâche pas du regard.
Jenny : Il n’y a pas d’inscription vous savez. Vous aurez beau la frotter vous ne trouverez rien.
Pierre : Je ne vous avais pas reconnu.
Jenny : Oui je me suis mis au goût du jour.
Pierre en montrant les sacs d’un mouvement de tête : Vous vous êtes fait plaisir.
Jenny : Pardon ?
Pierre : Je veux dire, tout ces achats, ça a dû vous coûter cher.
Jenny : Ah ça! non c’est rien.
Pierre : Ah… il tourne la tête vers la fenêtre du tramway, puis revient vers elle Et sinon, ça vous dirait d’aller boire un verre ?
Jenny : Volontiers. Chez vous ?
Pierre : Heu… Ok… Vous vous appelez comment au fait ?
Jenny : Génie.
Pierre : Jenny comme Jennifer ?
Jenny : non non, Jenny comme Génie.

Int jour Appartement de Pierre – salon
Ils boivent un verre à ballon face à face. Il l’observe, elle pose son verre. Le fait tourner du bout de ses doigts, lève la tête vers lui et lui sourit.
Jenny : Alors dites-moi, de quoi auriez-vous envie ?
Pierre : Pardon ?
Jenny en souriant : Que puis-je faire pour vous satisfaire ?
Pierre : Heu … et bien … je sais pas moi … pour commencer, on se tutoie. Et ensuite, heu, faire l’amour avec vous ?

Int jour Appartement de Pierre – chambre
PIERRE tombe la tête en arrière, allongé sur le lit. JENNY se place sur lui et l’embrasse. Ils font l’amour éclairés pas la lampe.

Int jour Appartement de Pierre – bord de fenêtre
JENNY sort du lit et va sur le rebord de fenêtre accoudée au balcon. PIERRE arrive prés d’elle.
Pierre : La vue n’est pas terrible.
Jenny : Tu souhaiterais une vue sur la mer ?
Pierre : Ah ben oui tiens. Une belle vue sur la mer, ça serait parfait.
La vue donne maintenant sur la mer.
Jenny : Souhait exaucé.
PIERRE reste bouche-bée. JENNY, portant son tailleur et ses sacs à la main, pose un doigt sur la lampe et disparait avec la lampe.

Cavaliers de l’apocalypse

Il y a quelques temps, Bastien d’imagiLAB m’a fait lire le good omens de Terry Pratchett. Il y a un passage ou les quatre cavaliers de l’apocalypse se retrouvent dans un bar pour boire une bière. Chaque cavalier est ici incarné par un motard et ils sont entourés dans le bar par une troupe de hells angels.
Bastien aimait beaucoup ce passage et il m’a dit qu’il aimerait bien l’adapter pour un court métrage. Du coup, j’ai écrit ce scénario très inspiré à l’époque. J’ai pris quelques libertés mais il fallait quand même que ça respecte l’idée originale. Je vous le livre tel qu’il a été écrit à l’époque bien qu’aujourd’hui je l’ai repris pour l’intégrer dans une histoire plus longue se prêtant plus à une série de comics… j’en reparlerai surement un jour 😉

Int jour bar
Un homme en noir avec son casque de moto tire la poignée du flipper pour lancer la boule.

Ext jour Sur la route
Une moto verte est lancée à toute vitesse sur une ligne droite.

Int Jour Bar
Il tape sur le pad de droite puis sur le pad de gauche pour faire rebondir la balle sur les bumpers.

Ext jour sur la route
Une moto rouge zigzag et enchaîne les virages.

Int jour Bar
La balle descend en ligne droite entre les bumpers. Le flipper souligne par trois notes la fin de la partie.

Ext jour devant le Bar
Un chopper métallisé se gare. L’homme qui le conduit pose la béquille, enlève son casque et descend de sa moto. Il est maigre, les cheveux longs et gris et porte une légère barbe de quelques jours.

Int jour Bar
Le joueur de flipper fouille dans ses poches pour en sortir une pièce et se prépare à la mettre dans la fente pour lancer une nouvelle partie.
Biker 1 : Tu devrais jouer sans ton casque, lui décoche un biker bedonnant en veste jean juste avant de descendre une pinte de bière d’une traite.
La remarque fait sourire ses potes. L’homme en noir au flipper, casque sur la tête reste figé un instant avant de finalement pousser la pièce dans la fente. C’est à ce moment que le conducteur du chopper entre dans le bar. Tout le monde s’arrête pour le regarder. Le temps est comme suspendu un instant, une mouche est arrêtée au milieu de son vol et tombe au sol. Puis le flipper fait retentir trois notes marquant le début de la nouvelle partie. Puis les motards plongent tous leur regard dans le fond de leurs verres vides. Le conducteur de chopper s’accoude au comptoir. Le barman installe un verre sous la tireuse et active la manivelle sans lâcher le nouvel arrivant des yeux. La tireuse ne fait couler qu’un petit filet de bière avant de s’arrêter complètement en crachant ses dernières bulles de mousse. Le conducteur de chopper sourit au barman avant de se tourner vers le joueur de flipper. Il s’adresse au groupe de motard toujours fixés sur leurs verres vides.
Conducteur de chopper : Il est là depuis longtemps?
Biker 1 : Il a pas lâché cette foutue machine depuis des heures ouais.
L’homme en noir tire la poignée et lance une nouvelle boule.

Ext jour sur la route
La moto verte rattrape la moto rouge.

Int jour Bar
Le barman amène un nouveau fût sous sa tireuse. Le joueur de flipper envoie valser la boule dans une zone bonus.

Ext jour sur la route
La moto rouge zigzag devant la moto verte.

Int jour bar
Le barman finit de brancher le fût sur la tireuse. Le joueur de flipper donne un coup dans le flipper et frappe d’un coup fort sur le pad de droite, la balle est propulsée par le bumper en ligne droite vers le haut du flipper.

Ext jour sur la route
La moto verte sort de son axe et se place à la même hauteur que la moto rouge, l’empêchant de zigzager. Elle accélère et distance la moto rouge en ligne droite.

Int jour bar
Le barman place un verre sous la tireuse et se prépare à appuyer sur la poignée. Le pilote de la moto verte entre dans le bar casque sous le bras. Ses cheveux sont gras et tirés vers l’arrière. Il a de l’acné et un herpes au dessus de la lèvre.
Pilote Moto Verte : Holla, dit-il avec assurance.
Le barman appuie sur sa poignée sans lâcher le pilote des yeux. Il ne remarque pas que la bière qui coule de sa tireuse est d’une couleur verte plutôt inquiétante et que des éléments en suspensions ajoutent un aspect pourri au breuvage.
Biker 2 : T’as pas intérêt à me servir ça mec. Lui sort un motard accoudé au comptoir qui regarde la bière de prés d’un air dégoûté.
Le pilote de la moto verte s’assoit à côté du pilote de la chopper. Il sort une cigarette de son blouson et l’allume. Il tend son paquet au pilote du chopper.
Pilote Moto verte : ça fait longtemps que t’es là ?
Pilote chopper : je viens d’arriver dit-il en prenant une cigarette.
Le barman repart avec son fût dans les bras. Le bruit de balle perdue du flipper retentit à nouveau. Tout le monde se tourne vers le flipper. Le joueur de flipper est en appui sur le flipper. Il marque une légère pause avant de sortir une nouvelle pièce de sa poche.

Ext jour sur la route
La moto rouge en ligne droite ralentit pour prendre un virage.

Int jour bar
Le joueur glisse la pièce, tire la poignée et lance la boule.
Biker 1 : Je te parie qu’il va perdre en moins d’une minute. Dit l’un des mecs devant sa bière vide.
Biker 2 : Ouais ma tournée qu’il fait tilter la machine.

Ext jour sur la route
La moto enchaîne une grosse série de virages.

Int jour bar
Le joueur enchaîne les bumps et tape sur les pads latéraux.

Ext jour sur la route
La moto rouge attaque puissamment une grande ligne droite et s’approche dangereusement d’un virage à pleine vitesse.

Int jour bar
Le joueur de flipper s’énerve. Il frappe le flipper de tous les côtés, le secoue et finit même par le soulever et le laisser retomber bruyamment. Le flipper tilte et la balle redescend en ligne droite. Le joueur reste impassible droit devant le flipper. Un moment de silence dans le bar. Dehors, on entend une moto déraper et s’arrêter devant le bar.
biker 1 : Tu payes ta tournée !
biker 2 : Meuh … non, j’ai dit ça comme ça.
biker 1 : Tu payes ta tournée ! Tu l’as dit tu le fais !
biker 2 : Oh commences pas à élever la voix hein.
biker 1 : J’élève la voix si je veux et tu payes ta tournée, dit-il en sortant un couteau long comme l’avant bras.
Un autre arrive par derrière et pète une chaise sur le dos du porteur de couteau. Le pied de la chaise vole au dessus de la tête des deux pilotes qui restent impassibles. Le pilote de la moto rouge entre dans le bar, une superbe rousse. La tireuse explose sous la pression et se met à déverser des litres de bière. La baston se fige, les protagonistes sont surpris par l’explosion. Le barman se précipite sous sa tireuse pour stopper l’écoulement. Les bikers, un peu penauds commencent à ranger le bar. La pilote vient s’installer prés des deux autres. Le pilote de la moto verte lui tend une cigarette. Elle pose son casque sur le comptoir, fait non merci de la main, et sort un flingue de sa ceinture qu’elle pose à côté du casque. Le barman fixe l’arme. La pilote lui sourit, sort un cigare de son blouson et reprend le briquet en forme d’arme à feu pour l’allumer. Elle tire une barre et s’appuie sur le comptoir. Le barman sert les trois pilotes.
Pilote moto rouge : Merci. On est au complet ? demande la pilote rouge aux deux autres.
Pilote chopper : Ouais je crois que notre ami a joué sa dernière partie. Il est à sec. Dit le pilote de chopper en souriant.
Le joueur de flipper fouille ses poches, les retourne, vides. Il se retourne et se dirige vers les 3 pilotes. En passant, il bouscule un motard.
biker 1 : Hey, tu tiens pas à la vie toi ? lui sort le motard.
Il reste face à lui sans répondre un instant. Puis soulève la visière de son casque. On voit alors dans l’oeil effrayé du motard une tête de mort qui sourit. Il referme la visière.
Pilote en noir (la Mort) : J’y tiens plus que tu ne crois.
Le motard reste figé avec une expression de peur sur son visage.
biker 2 : Oh Polo qu’est-ce qui t’arrive, t’as vu la vierge ou quoi ? Dit un autre motard en tapant sur l’épaule du motard figé.
Le motard figé, s’effondre face contre terre sous le poids de la tape sur l’épaule, raide mort.
biker 2 : Oh putain Polo. Les gars … Polo !!!! L’ensemble des bikers se rejoignent autour du corps de polo.
Les 3 pilotes regardent la mort, le pilote noir.
Pilote en noir (la Mort) : Bon, on y va ?
Pilote de chopper (la famine) : Tu bois pas ta bière avant ?
Pilote en noir (la Mort) : Allez, à Polo !!! En tendant sa bière vers les motards tous autour du corps de Polo.
Il repose sa bière prés de celles des autres et ils sortent. La bière de la pollution (pilote de la moto verte) présente un fond verdâtre crade, celle de la guerre (pilote de la moto rouge) est rouge sang, le verre de la famine (pilote du chopper) est sèche avec un dépôt de poussière et la mousse de celle de la mort dessine une tête de mort.

Ext jour sur la route
Les quatre cavaliers arpentent la route sur leurs bolides, l’apocalypse les suit tel un orage tuant tout sur son passage.

Rien ne nous survivra

Suite à ma lecture de Rien Ne Nous Survivra de Maïa Mazaurette, j’ai eu envie de lui emprunter ses deux personnages L’immortel et Silence pour une scène qui aurait pu se passer dans l’histoire de Mazaurette.
Je verrai bien cette histoire pour un court métrage test avant de faire un long d’adaptation du livre de Mazaurette… mais bon je rêve sûrement. Si elle tombe sur cet article, j’espère que ça lui plaira. Y aurait moyen de faire un jeu vidéo aussi vu comme il y a des références dans le livre.
Du coup, c’est un texte assez court, c’est pas pour tous les âges, plutôt pour des lecteurs de 15 ans et plus. Ça sera pas au goût de tout le monde je pense. D’ailleurs le livre fait l’objet de pas mal de critiques sur le Web pas toutes très sympas… Bah moi je l’ai trouvé agréable à lire.

Silence en off : On aurait pu nous annoncer la fin du monde que ça n’aurait pas changé grand chose.

Silence déambule dans une maison bourgeoise envahie par une orgie de jeunes. Les bustes de marbre sont couverts de maquillages et les Kandinskys au mur sont agrémentés de tags. Le carrelage est défoncé, ça boit, ça fume, ça baise.

Silence en off : Notre génération en avait marre. Marre de ces vieux qui dirigent, qui décident des canons de beauté, des bonne meurs, des critères de réussite, de ce qui fait un homme ou une femme, une famille, le bonheur … On voulait décider par nous-mêmes. On voulait être jeune et mourir jeune. On ne voulait pas devenir vieux. Ce n’était pas une réponse aux problèmes de faim dans le monde, de surpopulation ou d’écologie. Non, c’était juste notre révolte, celle des jeunes contre les vieux.

L’immortel en off : Silence. Je te hais Silence. Je t’aimerai puis je te tuerai. Tu me dois une histoire d’amour Silence.

L’immortel est allongé, vautré, emmêlé dans un enchevêtrement de corps jeunes et nus. Il est passif. L’ensemble bouge et lui est immobile dans ce tas de corps. Silence passe devant lui mais le regard de l’immortel reste vide.

Silence en off : C’était les 13-25 ans contre les vieux. 13-25. C’est moi qui ai lancé ce mouvement, moi qui ait créé cette démarcation. Mais aujourd’hui je me rends compte que ça ne suffit plus. Il y a des vieux de moins de 25 ans.

Un garçon bien habillé avec une blonde sous un bras, une bouteille de champagne à la main et une femme de 30 ans nue tenue en laisse rigole à gorge déployée prés de la piscine. Silence l’observe de la terrasse.

Silence en off : L’organisateur de cette soirée a 24 ans et il aime le pouvoir, la notoriété, le luxe, la reconnaissance… Moi aussi j’aime le pouvoir mais mon pouvoir. L’anonymat, la furtivité, l’indépendance et une balle dans la tête. Et c’est un peu de ce pouvoir là que je viens lui faire partager ce soir. Je me dévoue pour lui administrer la balle salvatrice, celle qui lui évitera de passer la date de péremption. Après 25 ans, c’est prouvé, nos neurones ne se régénèrent plus. Après ça, on ne fait qu’entretenir des neurones vieillissantes. Mais parfois, la dégénérescence arrive plus tôt que prévue. Combien de jeunes sont victimes de vieillissement précoce. Rides, cheveux blancs, hémorroïdes, insomnies, crises d’angoisses, stress … Une balle dans la tête, c’est le seul traitement. Et croyez moi, je suis habilité à le délivrer.

L’immortel en off: Silence tue des jeunes. Même pas par erreur. Il tue des jeunes pour le plaisir, parce qu’ils lui font de l’ombre, parce qu’ils ne respectent pas la même discipline que lui et parce qu’ils brillent trop alors que Silence n’est que ombre. Si un jour je te tiens Silence entre mes mains, je t’embrasserai jusqu’à t’étouffer. Je t’aime et je te hais. Tu es le meilleur sniper. Tu es meilleur que moi. Mais tu as tué Alice.

Silence est au bord de la piscine. Il pose son sac à dos prés du bord de l’eau. Il trempe sa main dans la piscine, ouvre son sac puis le bidon d’essence qu’il contient. Le liquide se déverse lentement dans la piscine.

L’immortel s’habille alors que les corps derrière lui continuent de s’ébattre. Il sort sur la terrasse prend une coupe de vin et regarde la piscine. Il remarque le sac. Il voit la balle arriver juste avant l’impact, l’explosion du bidon et la piscine qui flambe avec ses baigneurs. Il remonte la trajectoire de la balle. Silence sur le toit réajuste sa position et tire une seconde balle. L’organisateur de la soirée s’étale alors que tout le monde fixe les baigneurs qui tentent de se sauver en se roulant dans le gazon. Le temps passe du ralenti à l’accéléré. L’immortel traverse la maison, récupère son dragunov et le charge sur son épaule. Il saute au dessus du portail. Silence au bout de la rue le vise. Sourit et lui tire une balle dans l’épaule. L’immortel encaisse le coup sans bouger. Silence rit puis part en courant. L’immortel se lance à sa poursuite.