De la lampe

Pierre c’est mon deuxième prénom. En fait, c’est celui que voulait me donner ma mère mais par amour et confiance en mon père, elle l’a laissé choisir entre les deux prénoms pour lesquels ils hésitaient … du coup, je m’appelle exactement comme mon arrière grand-père Antoine Pierre Seilles.
Mais cette anecdote n’a aucun rapport avec l’histoire qui va suivre. En fait, je vous raconte ça juste parce que dans une série de scénarios de courts métrages que j’ai écrit, j’ai décidé d’appeler le personnage principal Pierre.
Pierre, c’est un peu l’éternel amoureux timide et naïf qui loose à chaque fois. Personnage récurent donc qui va accumuler les échecs.

De La Lampe est l’un de ces scénarios. L’un des échecs de Pierre. J’aime bien le côté fantastique de ce scénario. Mais son principal défaut, c’est son titre qui dévoile trop de l’histoire. Vu que c’est pensé pour un court métrage, je pense que la solution serait de ne pas afficher le titre avant le générique de fin…

Plan séquence
Dans une caisse en bois, on suit l’arrivée de la lampe jusqu’à ce qu’elle soit posée sur l’étagère dans la brocante.

Int Jour Dans une brocante
PIERRE attrape la lampe sur l’étagère et la frotte pour enlever la poussière. JENNY en tenue décontractée arabisante, vêtements larges, sarouel, piercing aux oreilles et babouches s’approche de lui. Il ne la voit pas venir.
Jenny : bonjour, que puis-je faire pour vous ?
Pierre : Heu rien. Je ne fais que regarder. En fait, cette lampe me plaît bien. Elle est à combien ?
Jenny : Elle n’est pas à vendre.
Pierre : Dommage. Elle aurait été parfaite…
Jenny : Prenez-la. Elle est à vous.
Pierre : Vous êtes sérieuse ?
Jenny : Bien sur. Prenez-la, elle est à vous.
Pierre : Merci.
PIERRE passe devant le vendeur absorbé par ses comptes et sort du magasin.
Jenny : Au revoir.
Pierre : Au revoir.

Int Jour Dans un tram
Assis, PIERRE regarde la lampe de prés et la frotte. JENNY passe à côté de lui, cette fois habillée en petit tailleur à la mode et portant de nombreux sacs de magasins de fringues.
Jenny : excusez moi.
Elle s’assoie sur la place en face de lui. Bouche bée, PIERRE ne la lâche pas du regard.
Jenny : Il n’y a pas d’inscription vous savez. Vous aurez beau la frotter vous ne trouverez rien.
Pierre : Je ne vous avais pas reconnu.
Jenny : Oui je me suis mis au goût du jour.
Pierre en montrant les sacs d’un mouvement de tête : Vous vous êtes fait plaisir.
Jenny : Pardon ?
Pierre : Je veux dire, tout ces achats, ça a dû vous coûter cher.
Jenny : Ah ça! non c’est rien.
Pierre : Ah… il tourne la tête vers la fenêtre du tramway, puis revient vers elle Et sinon, ça vous dirait d’aller boire un verre ?
Jenny : Volontiers. Chez vous ?
Pierre : Heu… Ok… Vous vous appelez comment au fait ?
Jenny : Génie.
Pierre : Jenny comme Jennifer ?
Jenny : non non, Jenny comme Génie.

Int jour Appartement de Pierre – salon
Ils boivent un verre à ballon face à face. Il l’observe, elle pose son verre. Le fait tourner du bout de ses doigts, lève la tête vers lui et lui sourit.
Jenny : Alors dites-moi, de quoi auriez-vous envie ?
Pierre : Pardon ?
Jenny en souriant : Que puis-je faire pour vous satisfaire ?
Pierre : Heu … et bien … je sais pas moi … pour commencer, on se tutoie. Et ensuite, heu, faire l’amour avec vous ?

Int jour Appartement de Pierre – chambre
PIERRE tombe la tête en arrière, allongé sur le lit. JENNY se place sur lui et l’embrasse. Ils font l’amour éclairés pas la lampe.

Int jour Appartement de Pierre – bord de fenêtre
JENNY sort du lit et va sur le rebord de fenêtre accoudée au balcon. PIERRE arrive prés d’elle.
Pierre : La vue n’est pas terrible.
Jenny : Tu souhaiterais une vue sur la mer ?
Pierre : Ah ben oui tiens. Une belle vue sur la mer, ça serait parfait.
La vue donne maintenant sur la mer.
Jenny : Souhait exaucé.
PIERRE reste bouche-bée. JENNY, portant son tailleur et ses sacs à la main, pose un doigt sur la lampe et disparait avec la lampe.