Données connectées et OpenData en Master MIASHS

Depuis l’année universitaire 2016 – 2017, l’équipe du master MIASHS de l’université Paul Valéry à Montpellier me fait confiance et m’a confié deux modules d’enseignement :

  • En Master 1, un module Données Connectées
  • En Master 2, un module OpenData

MIASHS ça signifie Mathématiques Informatique Appliqués aux Sciences Humaines et Sociales.

L’une des particularités de ce master c’est que les étudiants sont dans un parcours professionnalisant avec de l’apprentissage pour formerdes Data Scientists. Les étudiants sont souvent en reprise d’étude et ont rarement un parcours informatique.

C’est un grand plaisir pour moi d’enseigner dans ces modules parce que :

  • ça me permet de voir d’anciens collègues du LIRMM que j’adore et pour lesquels je manque de temps le reste de l’année
  • ça me force à rester au niveau en programmation Web et en culture Web
  • ça me permet de rencontrer des étudiants aux parcours atypiques
  • ça me sort un peu des préoccupations de NaturalPad pendant deux semaines

Concrètement qu’est-ce qu’on aborde en cours ?

Ou pourquoi un cours de programmation Web dans un master de Data Science ?

Le Web, l’application d’internet probablement la plus connue, est une plateforme permettant à des humains et des machines de consulter et de produire de grandes quantités de données. Le Web peut être vu comme une grande base de données ( plus ou moins bien ) liées les unes aux autres. L’une des compétences attendues d’un Data Scientist étant de constituer un corpus de données pour en extraire des informations, dans ce cours, on apprend à moissonner des données sur le web et les croiser (ou créer des Mashup).

En deuxième année, on met le focus sur les sources de données ouvertes : l’Opendata.

  • Définir ce qu’est l’interopérabilité.
  • Revenir sur les fondements du Web ( http, les URI et les formats de données ).
  • Javascript client en année 1 : du code client pour récupérer des données via des requêtes http et croiser ces données.
  • Javascript serveur web (node.js) en année 2 : requêtes http pour moissonner et croiser des données et fournir à son tour des données via une API Web.
  • Github est central dans la réalisation des projets et dans leurs évaluations.

Le format du cours ?

Pour chaque année, les enseignements sont concentrés en une seule semaine assez intensive. Ce format se prête bien à un enseignement par la pratique en menant un projet. Le projet sert d’évaluation principale du module.

Je cherche à sortir d’un enseignement pyramidal en faisant produire les supports de cours par les étudiants de façon collaborative et en fonction des questions qu’ils posent.

Cette année, cela donne un support rédigé en peer avec un étudiant à côté de moi pour chaque définition hébergé sur Github.

Les projets étudiants

Le sujet est prévu pour être réalisable dans la semaine d’enseignement.

Il s’agit à chaque fois de réaliser un mashup croisant au moins deux sources de données requêtées via http.

En Master 1, le mashup est réalisé uniquement en code client (en utilisant fetch) hébergé en githubpages.

En Master 2, le mashup est réalisé côté serveur en utilisant node.js. Le serveur node doit également fournir à son tour des données dans plusieurs formats via une API web et en mettant en place une négociation de contenu server-driven.

Les idées et réalisations

Parmi les bonnes idées et bonnes réalisations des étudiants ( malheureusement elles ne sont plus toutes disponibles à cette date ) :

LUCKY BOY

En bon Geek qui se respecte, je suis fan de Comics et de super héros. Mais pas n’importe lesquels. Si j’apprécie que Marvel et DC aient une telle notoriété aujourd’hui, mon style de comics est plutôt classé dans les Indies où on retrouve bon nombre d’auteurs jouant avec le code des super héros pour proposer des personnages immoraux. Mark Millar en tête, mais aussi Garth Ennis avec l’excellent The Boys. Récemment, c’est la série Bad Ass et le personnage de Dead End qui m’ont inspiré. Je vous recommande vivement ce comics français en 4 tomes de Herik Hannas et Bruno Bassadi. A noter aussi que le méchant Xavier, bien que fortement inspiré des X-Men, est pour moi à rapprocher des personnages du roman de Dan Simmons : Carrion Comfort ( l’échiquier du mal en français ).

Ceci n’est pas une lecture pour tous les âges 😉

synopsis : un super chanceux va botter le cul d’une bande de mutants dégénérés dont le chef est un pervers mentaliste.

Ext Jour. Entrée d’autoroute.

LUCKY BOY est devant une entrée d’autoroute, un sac à dos à ses pieds et une cigarette éteinte à la bouche.

  • LUCKY BOY OFF : Les super héros ça vous dit quelque chose ?

LUCKY BOY allume sa cigarette.

  • LUCKY BOY OFF : Un truc pour écrire des bd pour les gosses. Des histoires pour que les hommes rêvent de vies moins chiantes.

LUCKY BOY tend son bras pour faire du stop.

  • LUCKY BOY OFF : Et bien j’en suis un.

Une voiture s’arrête avec 4 jolies jeunes filles plantureuses et courtement vêtues.

  • FILLE PASSAGERE : Vous allez ou ?
  • LUCKY BOY : N’importe, loin d’ici, où vous m’emmenez.
  • FILLE PASSAGERE : Ce sera peut être un peu serré, mais je suis sur que le trajet sera confortable.

Les deux filles à l’arrière lui adressent un grand sourire. LUCKY BOY monte et la voiture part.

TITRE : LUCKY BOY

  • LUCKY BOY OFF : Mon pouvoir ? La chance est avec moi. Toujours.

Ext Jour. Bord de plage paradisiaque

Lunettes de soleil, cigare, cocktail avec petit parasol en papier, maillot short, les pieds dans une eau claire transparente sur une plage de sable blanc, LUCKY BOY sourit en regardant l’horizon. Les 4 beautés sont en mode top less bronzing sur transat.

Un serveur en smoking arrive à ses côtés avec un plateau d’argent portant des tickets de jeux d’argent, une pièce de 1 euro et des olives avec un cure dent planté.

LUCKY BOY pose son verre prend la pièce et gratte les tickets qui sont tous gagnants. LUCKY BOY prend un cure dent sur le plateau avec une olive au bout qu’il place entre ses dents.

  • LUCKY BOY : Merci Alfred.
  • LUCKY BOY OFF : En vrai il ne s’appelle pas Alfred. Et je ne m’appelle pas Bruce Wayne. Mais on s’en fout.

Un avion futuriste se pose sur la mer. Son souffle éclabousse les 4 jeunes filles mais pas LUCKY BOY. Une jolie blonde, PSYCHO GIRL, coupe au carré en tenue lycra moulante intégrale genre super héros et un mec très barraqué cheveux courts également en costume lycra moulant, le MOLOSSE, se placent dans l’encadrement de la porte ouverte de l’avion.

  • LUCKY BOY : Hey beauté. Je peux t’aider ?

LUCKY BOY affiche un grand sourire. PSYCHO GIRL le regarde, impassible. LUCKY BOY enlève le cure dent de sa bouche et gobe l’olive. Elle passe de travers. Il tousse, s’étouffe et tombe à genoux en crachant tout ce qu’il peut de plus en plus rouge. Il la fixe.

  • LUCKY BOY OFF : Mon pouvoir …  elle l’a annihilé.

PSYCHO GIRL regarde LE MOLOSSE.

  • PSYCHO GIRL : Va l’aider. Je crois qu’il a compris.

LE MOLOSSE s’approche de LUCKY BOY, le redresse et lui met un gros coup de poing dans le ventre. Tellement fort qu’il en crache l’olive, voit flou et perd connaissance. LE MOLOSSE le met sur son épaule et le ramène dans l’avion. Ils décollent.

INT JOUR. Dans l’avion

LUCKY BOY se réveille dans l’avion. LE MOLOSSE est aux manettes. PSYCHO GIRL se montre devant lui et lui tend un costume en lycra.

  • PSYCHO GIRL : Enfiles ça.
  • LUCKY BOY : Tu es sérieuse ?

LUCKY BOY prend la tenue et l’enfile. Il s’observe et apprécie le côté moulant du lycra.

  • LUCKY BOY OFF : Pas si mal.
  • PSYCHO GIRL : Tiens.

PSYCHO GIRL lui tend un sac parachute.

  • LUCKY BOY : Heu…

La porte derrière lui s’ouvre. PSYCHO GIRL le pousse avec le parachute.

EXT JOUR. Chute de l’avion / Manoir de la ligue

  • LUCKY BOY : Aaaaaaahhhhhh

Dans sa chute, LUCKY BOY enfile le parachute et tire sur une molette, le parachute s’ouvre. A ce moment là, il se fait doubler par PSYCHO GIRL dans les bras du MOLOSSE en chute libre. PSYCHO GIRL et LE MOLOSSE ouvrent leurs parachutes et ils se posent tous les 3 au sol pas loin d’un manoir. Ils enlèvent leurs parachutes rapidement et avancent vers le manoir.

  • LUCKY BOY : Hey ? On est où là ? Qu’est ce qui se passe ?
  • PSYCHO GIRL : T’occupes.
  • LUCKY BOY : Mais … waow c’est quoi ça ?
  • PSYCHO GIRL : Ça ? C’est la ligue de la justice.

Face à eux, un homme hirsute, LA BETE, avec des griffes qui lui sortent des mains, il bave et est prêt à bondir. LA BETE est tenue en laisse par un chauve sur un fauteuil roulant, XAVIER. A ses côtés un homme de glace, LA GLACE, et un homme en flamme qui lévite, LA FLAMME.

TITRE : La Ligue de la Justice

  • PSYCHO GIRL : Une bande de branleurs dégénérés et on est là pour les éliminer.

Ils entendent une voix qui semble venir de nulle part.

  • XAVIER OFF : Sacha !

LUCKY BOY se tourne vers PSYCHO GIRL.

  • LUCKY BOY : Sacha ?

PSYCHO GIRL / SACHA sourit.

  • LUCKY BOY : Tu t’appelles Sacha ?
  • XAVIER OFF : Petite pute.
  • LUCKY BOY : Waow …  What ? Mais c’est quoi cette voix ?
  • PSYCHO GIRL : C’est Xavier. L’handicapé qui dirige la troupe de dégénérés.

PSYCHO GIRL avance vers la ligue de la justice.

  • PSYCHO GIRL : Xavier, Je suis venu te détruire.
  • XAVIER : Ah ah ah ah et comment comptes tu t’y prendre ? Vous n’êtes pas à la hauteur.
  • PSYCHO GIRL : J’ai amené une arme secrète.
  • XAVIER : Lui ?
  • PSYCHO GIRL : Lui.

LUCKY BOY montre LE MOLOSSE du doigt.

  • LUCKY BOY : Lui ?
  • PSYCHO GIRL : Non. Toi.
  • LUCKY BOY : arf.

XAVIER détache la laisse de LA BETE.

  • XAVIER : Occupez vous d’eux. Je m’occupe de Sacha.

LA BETE et LE MOLOSSE courent l’un vers l’autre et se percutent de plein fouet dans un bond, poings en avant. La FLAMME et LA GLACE filent vers LUCKY BOY. LA FLAMME en lévitant les bras croisés, LA GLACE en mode surfer, glissant sur une traînée de glace. LUCKY BOY part en courant dans la direction opposée et pénètre dans les bois. LA FLAMME est derrière lui et embrase les bois. LUCKY BOY court comme un dératé et finit par arriver au bord d’une falaise au dessus d’un lac. Les flammes derrière lui se répandent et se rapprochent. LUCKY BOY saute et tombe dans le lac. Il remonte à la surface et voit s’approcher de lui LA GLACE gelant la surface du lac. LUCKY BOY plonge et se retrouve prisonnier sous la glace. Tout le lac est gelé.

LA BETE et LE MOLOSSE se déchirent devant le manoir. Ils sont en sang, griffés dans tous les sens. PSYCHO GIRL avance vers XAVIER d’un pas décidé. Arrivée aux pieds des marches XAVIER lui adresse un grand sourire.

  • PSYCHO GIRL : Tu vas payer Xavier.
  • XAVIER : Ah ah tu es vraiment insolente.

PSYCHO GIRL monte les marches et arrive juste devant lui.

  • XAVIER OFF : A genoux.

PSYCHO GIRL se fige et son visage se tord de douleur. Elle porte ses mains à ses tempes.

  • XAVIER OFF : A genoux.

PSYCHO GIRL tombe à genoux et se tient la tête entre les mains. XAVIER se penche vers elle et fait mine de la sentir.

  • XAVIER : Hum cette odeur me rappelle notre nuit. Tu t’en souviens ?

PSYCHO GIRL le regarde les larmes aux yeux, l’air dégoûtée.

  • XAVIER : Oh tu n’en gardes pas un bon souvenir ? Pourtant j’étais le premier. Et pour moi c’était très bon. Te faire faire tous ces trucs et sentir ton esprit impuissant. Tiens, ça me donne envie de recommencer.

XAVIER déboutonne son pantalon et ouvre sa braguette.

  • XAVIER : Tu n’espères quand même pas être devenue assez puissante pour me résister ?

XAVIER pose sa main sur la tête de PSYCHO GIRL et commence à l’attirer vers son entre jambes. Une énorme explosion retentit au loin derrière la forêt. LA BETE tourne la tête vers l’explosion. LE MOLOSSE en profite pour l’assommer d’un énorme crochet. LA BETE tombe au sol KO.

  • LUCKY BOY : Aaaaaaahhhhhh

LE MOLOSSE tend les bras et rattrape LUCKY BOY.

  • LUCKY BOY : Merci
  • XAVIER : Mais que ?
  • LUCKY BOY : Une bulle de méthane emprisonnée sous le lac. Ca n’a pas plu à pyroboy et mister freeze.

LUCKY BOY se frotte les bras pour enlever la poussière et avance vers XAVIER. Pendant ce temps, LE MOLOSSE finit LA BETE en lui brisant la nuque. PSYCHO GIRL se relève et regarde XAVIER de haut.

  • PSYCHO GIRL : Oh, ton pouvoir semble affaibli. Tu ferais une méningite ? C’est pas de chance…
  • XAVIER : Mais ?

PSYCHO GIRL lui envoie une droite.

EXT JOUR. Plage paradisiaque

LUCKY BOY est les pieds dans l’eau, lunettes de soleil, maillot short, un cocktail à la main, grand sourire et cigare à la bouche. Derrière lui les 4 jeunes filles et PSYCHO GIRL sont en mode top less bronzing sur transat. LE MOLOSSE en maillot de bain fait un gros château de sable. Un serveur en smoking à côté de LUCKY BOY tient un plateau avec cocktail, olives, jeux à gratter.

  • LUCKY BOY OFF : Je vous l’avais dit, la chance est toujours avec moi. Même si parfois ça ne saute pas aux yeux.

Face à LUCKY BOY, sur l’eau, l’avion est posé.

  • LUCKY BOY OFF : Maintenant en plus, j’ai un avion futuriste.

Qu’est-ce qu’Internet ?

Je suis en train de finaliser mes cours pour l’UM3 licence MIASHS cette année.

Je me rends compte que tous les ans j’ai un passage sur la différence entre Internet et le Web. Et que de toute façon je ne me focalise que sur présenter le Web.

Du coup, je file toujours les liens des 3 vidéos de Benjamin Bayart de 2010 sur le cycle de conférence à l’IEP ou il explique très bien en 3 cours de 1h30 ce qu’est internet et vulgarise bien comment ça marche.

Alors, voilà les 3 vidéos en question :

 

Poeme de Geek pour Geekette

Il me manque le goût de la vanille et le bruit des boutons

quand tu tripotes ton pad, quand tu prends cher et serres les dents

Dure boudeuse apeurée, la garde baissée si facile à blesser

Une fierté démesurée pour un hérisson de Nerfs

Dans ton lit à coup d’hadoken et ban pour non respect d’un PEGI Muslim

KO je perds un coeur mais level up en self estime

Aux îles de la lune je t’écrirai mon amour en C++ un jeu d’Otaku au taquet

Dispositifs Connectés et TéléMédecine

Aujourd’hui j’ai été invité à faire un cours de 1H auprès du DU de TéléMédecine de Montpellier.

Je tiens à remercier Monsieur Hayot pour sa confiance.

Le public étant pluri-disciplinaire, j’ai essayé de me mettre à la portée de tous et de ne pas être trop technique. Et en même temps … on parle de télémédecine et du coup il me semblait bon de revenir sur les bases d’internet et du web.

 

Tokyo 2014

Après San Francisco, toujours grâce à l’aventure NaturalPad et Orange Fab, j’ai pu aller à Tokyo fin 2014. L’occasion de rencontrer des gens de chez Sony et de revoir un ami chercheur à l’université de Tokyo.

Le voyage a duré 5 jours en novembre 2014. Qu’est-ce que je retiens de Tokyo ? C’est la ville ou j’irai vivre après San Francisco ^^

Depuis mon retour j’écris une histoire cyberpunk … La ville est juste hallucinante, elle s’étend à perte de vue et la pub est en permanence présente. On doit pouvoir rester des années dans Tokyo et avoir toujours des choses à y découvrir. Et en même temps, je ne suis pas sur qu’il soit simple de se lier d’amitiés. Mais bon, j’ai eu qu’un premier contact.

J’ai fait du coup 3 albums photos :

  1. Le premier c’est les stands à l’Orange Fab.
  2. Le deuxième, c’est notre visite de Tokyo University of Agriculture
  3. Le troisième, c’est Tokyo censuré. Je garde quelques photos pour plus tard …

L’Orange Fab :
Orange Fab à travers le monde
Tokyo University :
entrée de l'université de Tokyo
Tokyo :
akihabara

Un peu plus de quantification personnelle

Mon Jawbone me manque, ma balance withings n’a plus de piles …. snif.

Bon il est temps de faire un petit bilan sur l’essai de ces deux bidules prés d’un mois et demi après les avoir adoptés.

Je vais commencer par parler un peu de la relation aux autres.

Voilà quelques citations :

« Ca y est t’es devenu un cyborg ? » – Virgile Stagiaire

« T’es pas un peu esclave de ces trucs ? » – Sylvie maman aimante.

« C’est bien qu’il sorte des trucs pour que les gens soient autonomes dans leur gestion du sport. » – Mattéo Sportif

« Pfff encore un accessoire de Geek » – Camille sœur aimante.

« Tu me le prêtes que je teste mes cycles de sommeil ? » – la même quelques semaines plus tard. Depuis mon jawbone me manque …

Bref, l’avis est mitigé. Selon les personnes je passe pour un avant-gardiste geek et branché ou pour un malade accro à la techno. Dans les deux cas, je ne suis pas sur que ce soit très reluisant. J’ai quand même repéré pas mal de monde qui porte un up. Et il y a comme un effet de complicité qui s’installe avec les porteurs de ce bidule.

Un passage à ce sujet m’a marqué dans l’excellent film boyhood. Le personnage principal défend que finalement l’humanité n’aura pas besoin de créer de robots humanoïdes puisque l’on est en train de transformer directement les humains en robot. Et ça ne me semble pas tant faux que ça.

Attention, je ne suis pas en train de dire que je rejette le phénomène de la quantification personnelle. Déjà, je ne me pose la question de son utilité que dans un contexte données de santé et je suis convaincu que tracker des données dans ce contexte peut être profitable. Mais j’émets quelques doutes sur la pertinence des bidules que l’on nous propose aujourd’hui et sur les applications qui vont avec.

Pour les bidules, j’ai déjà critiqué le prix du Jawbone et de la balance. A cette critique vous pouvez ajouter que :

  • le jawbone est fragile. J’ai essayé de grimper avec et il a pas aimé… pas mal de monde autour de moi s’est plaint de l’avoir rapidement cassé en deux.
  • le jawbone ne va pas vraiment dans l’eau. Pas de natation avec.
  • la balance withings a un bluetooth ultra pourri.
  • les piles de la balance ne durent pas longtemps …
  • mesurer son rythme cardiaque sur sa balance … je ne pense pas que ce soit le meilleur moment
  • l’identification des utilisateurs de la balance withings est faite en fonction de leur poids … vous sentez pas venir comme un problème là ?
  • je n’ai pas une vision « moyenne » ou une référence. Est-ce que mon poids est normal par rapport à ma taille ? Mon rythme cardiaque est normal ou trop élevé ?

Et globalement, les applications de ces deux bidules ne me semblent pas ultra pertinentes. J’adore la sobriété du jawbone. Les compteurs et graphes d’activité marchent très bien. Par contre, les messages qui sont remontés ne sont pas toujours engageants. Je dirai même que, au contraire, ils m’énervent souvent. En fait, si on s’en tient à la devise du quantified self [Gadenne, 2012] : « Connais-toi toi-même – par les chiffres », le jawbone remplit parfaitement cette fonction. Quand l’appli du jawbone tente de me motiver pour en faire plus ou pour suivre mon alimentation je trouve que c’est contre productif. En plus, les messages en français sont bourrés de fautes et de bugs. En gros, le bidule devrait s’en tenir à sa fonction première, la quantification personnelle et ne pas aller plus loin. En tentant de faire du coaching, le service perd en qualité ressentie et donc en pertinence. En gros, l’application du jawbone devrait être encore plus sobre. La partie coaching devrait être déportée dans une application spécialisée pour que l’utilisateur soit libre de choisir. Après tout, le but de la quantification personnelle c’est de collecter des données pour mieux se connaître, réfléchir à ses pratiques et les changer, pas pour que quelqu’un d’autre vous dise comment les changer.

Bon globalement, je crois que je pourrai m’en passer. Même sans le porter je continue à faire du sport.

En positif, je retiens :

  • la fonctionnalité du suivi des cycles de sommeil sur le jawbone.
  • les premières semaines j’ai vraiment eu un effet : « t’as pas assez bougé, vas courir ». Après ça s’est estompé. J’ai repris un rythme ou ce n’est pas le jawbone qui change ma motivation.
  • le suivi de mon poids au jour le jour.

Aujourd’hui, j’aimerai vraiment avoir plein de données liées à ma santé transmises vers une appli web. Mais j’ai pas trop envie d’être coaché en tout cas pas n’importe comment. Donc j’en reviens au fait que le problème aujourd’hui, après le prix, c’est : comment croiser ces données et comment en rester propriétaire ?

Quelques autres références :

  • Google vient de sortir Google Fit et l’api est ouverte aux développeurs
  • Instant Heart Rate une appli de mesure du rythme cardiaque utilisant l’appareil photo de votre smartphone